Savez-vous d’où provient la patience? Probablement pas. Je vais donc prendre quelques minutes pour vous expliquer pourquoi chaque personne a un degré différent de patience. Vous verrez, après avoir lu ce texte, vous comprendrez plein de choses! Alors voici pourquoi nous avons tous un sac de patience…

La patience arrive en 2 temps chez le nouveau-né. En fait, il y a 2 livraisons de patience pour chaque être humain sur la planète. Tout d’abord, il y a le livreur de sac pour mettre la patience. La compagnie de sacs de patience distribue les sacs en fonction de plusieurs critères.

Souvent, les femmes reçoivent un sac un peu plus grand que les hommes. Il y a beaucoup de raisons pour cela mais principalement, porter un enfant pendant 9 mois et vivre avec un homme nécessite une bonne dose de patience. Imaginez le nombre de choses un peu débiles que les hommes font ou les choses qu’ils ne font pas et qu’ils devraient faire et vous comprenez pourquoi les femmes ont besoin en général d’un peu plus de patience. Pour ce qui est de porter un enfant dans son ventre, et pendant 6 mois d’avoir de la difficulté à bouger, s’asseoir, attacher ses souliers et avoir mal au cœur, imaginez la dose de patience que cela nécessite!

Donc, la livraison du sac est faite en premier. Ensuite, le livreur de patience se promène avec sa brouette et sa pelle et remplit les sacs qui viennent d’être livrés avec de la patience toute fraîche. Parfois le livreur remplit le sac, parfois il en met un peu moins. Les études n’ont pas encore réussi à expliquer pourquoi ces différences, mais même si vous aviez un gros sac, il est possible que le livreur de patience ne l’ait pas complètement rempli.

Je suis né un samedi, le jour de congé des livreurs de patience.

Comme dans tous les métiers, les employés ont droit à une journée de congé de temps à autre. Pour les livreurs, cette journée commence le samedi à 17h et se termine le lundi à 6h. Comme je suis né dans la nuit de samedi à dimanche, les livreurs sont passés mais ils étaient payés à temps double, donc leur boss leur de livrer rapidement!

Pour le livreur de sac, on m’a dit qu’il n’avait plus de grandeurs disponibles autres que les petits sacs de papiers qui servent à mettre les patates frites. Il serait même passé dans un casse-croûte pour ramasser des sacs. Vous savez ce petit sac pour les portions individuelles de patates? C’est mon sac pour y mettre la patience.

En ce qui concerne le livreur de patience, j’ai entendu dire que ce samedi précisément, il avait un souper romantique avec sa douce. Il est donc arrivé vite comme l’éclair, a donné 2 ou 3 coups de pelle dans la brouette pour remplir mon sac et s’est sauvé à son rendez-vous. Il a fait ça tellement vite, qu’il y avait même de la patience de tombée sur le sol!

Donc,  je suis parti de l’hôpital avec un petit sac de patience, pas trop rempli…

Les années ont passé et effectivement, je n’étais pas un modèle de patience. Rien de méchant, mais disons qu’au niveau tolérance je ne gagnerai pas de prix humanitaire. Cependant, j’ai appris à ne jamais trop vider mon sac et avec le temps, je suis devenu très bon pour gérer le niveau de patience.

Jusqu’à l’arrivée des enfants!

1 enfant, ça « picosse » dans le sac. 2 enfants, ça s’amuse avec une petite pelle de plastique dans le sac de patience, c’est parfois agaçant mais on survit. 3 enfants, ça devient sérieux, faut faire gaffe à ne pas vider le sac, garder le contrôle du niveau.

Maintenant imaginez 4 enfants avec des casques de constructions, des protections auditives, des lunettes de sécurité et chaussant des bottes à cap d’acier. Imaginez-les avec des marteaux piqueurs. Et oui, vous comprenez ce qui se passe dans mon sac de patience!

Mon défi est de m’assurer à tous les jours de ne pas laisser la réserve de patience se vider complètement. Quand je sens que le niveau est trop bas, je vais courir, bouger, lire ou écouter la télé, en m’assurant que ma blonde prenne la relève. Mais comme j’ai des enfants très habiles avec le marteau piqueur, ils ont réussi à atteindre le fond du sac. Ils y ont même fait un trou! Rien de gros, mais un trou quand même! Donc ça se vide un peu plus vite!

Mes enfants me tapent sur le système?

Lorsqu’on regarde des sites internet, qu’on lit des livres sur l’éducation et qu’on parle avec les gens en général, jamais il n’est fait mention que parfois, nos enfants peuvent nous taper sur les nerfs. Sacrilège! Notre chair, nos amours, la pupille de nos yeux qui nous énervent! Il ne faut jamais dire cela à haute voix! Imaginez le post sur les médias sociaux : « Mes enfants me tapent sur les nerfs! » Vous iriez directement en prison! Vous seriez jugés, pendus haut et court! Tsé quand ça fait 4 fois ( X4) que vous demandez d’aller se brosser les dents, ou que vous demandez 4 fois ( x4) à votre enfant d’aller s’habiller pour l’école? Ou quand vous vous faites bombarder de demandes différentes ( x4) qui sont toutes aussi pressantes les unes que les autres et que chacun des enfants ( x4) commence sa phrase par : papaaaaaa? Comme on dit, ça vide le sac à grands coups!

Vous savez quoi, je vais le dire : il arrive que mes enfants me tapent sur le système. Chacun leur tour, ou tous en même temps! Parfois, je crois même qu’ils se font un caucus pour vider mon sac de patience! Ils sont beaux, fins, intelligents, mais parfois, je les préfère quand ils dorment!

Je suis probablement le seul…

Bon évidemment, je sais bien qu’il n’y a qu’à moi que ça arrive. Sur la planète de l’image, il faut mettre des photos des belles journées, des moments cocasses ou charmants. Je n’ai encore jamais vu de photos d’enfant faisant le bacon au sol, ou une photo d’un enfant qui réfléchit dans un coin de la maison, car oui, mes enfants vont réfléchir dans le coin. Oh non, je viens de dire ça?!?  Quelqu’un va probablement faire une plainte à la DPJ!

Ne vous y méprenez pas, j’adore mes enfants! Mais parfois, mon sac de patience est vide. Il faut le remplir de temps en temps. Comment on fait? On fait une activité pour nous rappeler qu’avant d’être des parents, on est des humains. On fait quelque chose qu’on aime, on se fait un petit plaisir. Bouger, écouter un film, un souper au resto avec notre gazelle? Peu importe, il faut remplir le sac. C’est bon pour nous, c’est bon pour les enfants et c’est bon pour le couple! Parce qu’il ne faut pas oublier qu’en tant qu’homme, vous videz aussi parfois le sac de madame 😉 .

Donc je vais tenter de réparer le trou dans mon petit sac de patience. Je vais continuer d’essayer de garder le niveau de patience élevé et lorsque je vais sentir que j’approche du fond, je vais faire une passe à ma blonde pour quelques heures ou encore à la gardienne, ou aux grands-parents, peu importe.

Je sais qu’à la lecture de ce texte, vous vous poserez la question si je vais bien. Je vais très bien merci!  Ce texte a comme objectif de dire haut et fort que les parents parfaits, ça n’existe pas! Alors souriez, pensez à votre sac de patience et assurez-vous qu’il n’est jamais trop vide!

 

Photo de  Cristian Newman sur Unsplash

 

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