Vendredi dernier, j’ai pris congé en après-midi. Je me suis rendu dans un café pour réfléchir, peut-être écrire aussi un peu. Mais surtout réfléchir. C’est étrange? Gaspiller une demi-journée de congé pour réfléchir! Mais pensez-y. Si vous avez 40 ans, il y a de fortes chances pour que les seuls moments où vous puissiez réfléchir soient tôt le matin ou tard le soir. Mettre le cadran tôt le matin pour réfléchir ou ne pas aller se coucher pour réfléchir?  Je me suis donc donné la permission d’un congé pour « focusser » un peu. Ne vous en faites pas, tout va bien. Par contre, je réalise que la vie passe vraiment vite et que parfois, il faut simplement prendre le temps de s’assurer qu’on va dans la bonne direction.

150 km/h sur l’autoroute

Imaginez que vous roulez à 150 km/h sur l’autoroute. C’est grisant, ça nécessite de la concentration et de bons réflexes, comme dans la vie. Les sorties défilent, mais vous ne les prenez pas, parce que vous allez de l’avant. Comme dans la vie. Voilà alors qu’un voyant allume dans votre tableau de bord. Ce n’est pas un problème de moteur ou un manque d’essence. C’est un gros point d’interrogation. Voilà ce qui est apparu dans mon tableau de bord récemment.

Un spectateur hors cadre

Je suis assis au fond du café. Il y a peu de gens de mon âge. Ce sont principalement des étudiants début vingtaine qui font des travaux de session, ou des retraités qui font des mots croisés. Les jeunes sont devant leurs ordis, les vieux devant leurs journaux. Une trame sonore de musique blues joue en sourdine. Le soleil entre par les vitrines, l’ambiance est relaxe. Je prends le temps d’observer les gens, les détailler. Je croise quelques regards, quelques «eye contact».

Socialement, en ce vendredi pm, je suis celui qui ne cadre pas dans le paysage. Je suis assis, sans ordinateur ni journal, sans téléphone ni papier. Simplement un café à la main et j’observe. Même qu’après quelques minutes, je réalise que les nouveaux clients ne viennent pas s’asseoir à la table près de la mienne. Ils s’approchent de la table, me jaugent et font une feinte vers un autre endroit. Probablement que je ferais pareil à leur place. Un étrange personnage qui ne fait rien d’autre que prendre un café dans un café…

4 questions

J’observe ces générations tellement différentes en me faisant le commentaire suivant : dire que la vingtaine est déjà loin, et dire qu’un jour, je viendrai moi aussi faire mes mots croisés ici! Malgré le fait qu’il y ait quelques jolies étudiantes près de moi, je suis plutôt absorbé par les retraités. Je me demande à quoi je ressemblerai rendu à cette étape de ma vie autant physiquement, professionnellement et psychologiquement. Je me demande à quoi ressembleront les prochaines années pour ma famille et moi.

Au fil de mes pensées, j’en viens à me demander où j’en serai rendu d’ici 5 ans en tant que personne! Parce que 5 ans, c’est rapide. Rappelez-vous qu’on roule à 150 km/h, donc il vaut mieux identifier quelques sorties si on veut visiter le paysage pendant le voyage. À la vitesse où va mon bolide, si je ne décide pas à l’avance où je veux arrêter, je vais me rendre à Vancouver sans avoir visité les Rocheuses! Donc vaut mieux prendre le temps de réfléchir.

Plus je cogite, plus ce sont 4 questions qui m’apparaissent une bonne façon de résumer mes réflexions.

  1. À quoi je veux ressembler dans 5 ans

Autant physiquement, que professionnellement ou psychologiquement. Comment je me projette comme père, comme époux, comme employé, comme ami ou comme fils. Est-ce que j’ai des modèles qui m’inspirent? Évidemment, je trace des grandes lignes car je ne suis pas devin. Cependant, je suis persuadé que c’est plus facile de faire des choix lorsque les opportunités se présentent en sachant vers où on va comme personne!

  1. Quelles sont mes passions

 

Les passions sont probablement ce qui disparait le plus rapidement dans le feu roulant de la vie. On se dit qu’on n’a pas le temps ou pas l’argent, que c’est plus important de s’occuper de notre famille que de notre passion. C’EST FAUX! La passion doit faire partie de notre vie autant que le reste. Souvent, ce sont les gens passionnés qui nous inspirent. Ce sont les gens passionnés qui foncent. Quel modèle voulez-vous être pour vos enfants? Quelqu’un de passionné ou attendre sur votre divan que la vie passe en la regardant tout en mangeant des chips? Je suis dur, je sais. Mais je suis certain d’une chose : nous sommes des modèles pour nos enfants. Nous sommes les premières personnes que nos enfants tenteront d’imiter. Donc, quelles sont mes passions, quelles sont les vôtres?

 

  1. Quelles sont mes priorités et mes valeurs

 

Est-ce que je priorise le travail, la famille, le plaisir, les loisirs, la richesse? Est-ce que j’accorde de la valeur au respect, à la persévérance, au dépassement, à l’amitié ou l’honnêteté? Peu importe, je ne suis pas là pour juger. Une chose est certaine, il faut parfois se rappeler nos valeurs et nos priorités. C’est un outil merveilleux pour être heureux que de respecter nos valeurs et c’est aussi la meilleure façon d’être tourmenté si vous ne les respectez pas. Pour tout cela, il faut les connaître. Une fois qu’on les connaît, cela devient facile de faire des choix.

 

  1. Quels sont mes rêves, mes projets

Si j’arrête de rêver, d’avoir des projets, je meurs. C’est simple! Je meurs à l’intérieur, deviens amorphe et sans vie. Je me laisse bercer par la vie et j’attends ma retraite en faisant des X sur les jours du calendrier. Ensuite, je passe ma retraite en faisant des X sur le calendrier pour compter les jours que j’ai arrachés à la mort. Vous pensez que j’exagère? À peine!

Pourquoi allez-vous travailler? Pourquoi vous levez-vous le matin? Les projets et les rêves n’ont pas besoin d’être grandioses. Ils n’ont pas besoin d’impliquer de l’argent ou un talent particulier. Un de mes rêves réside dans le fait que mes enfants soient heureux et en santé. C’est simple, mais j’ai assurément des gestes à poser en tant que parent pour que cela se produise. J’ai des rêves de voyage avec ma blonde, des projets sportifs, des projets avec mes amis.

J’ai des rêves et des projets. Cela me fait vivre et me guide pour les 5 prochaines années et même plus…

 

Finalement, vous voyez, ce vendredi après-midi de réflexion a été payant. Parce que tout d’abord, j’ai pris du temps pour réaliser que mon bolide roule à 150 km/h et que j’aime cette vitesse. Mais aussi pour identifier les 4 questions qui me permettront de planifier mon itinéraire de voyage sur l’autoroute pour les 5 prochaines années, en identifiant les sorties que je veux emprunter. Je ferai peut-être des crevaisons et j’aurai peut-être des bris sur mon bolide. Je vais peut-être manquer quelques sorties ou décider de faire un pause pipi dans un «rest area». Mais au moins, je vais assurément prendre des photos des Rocheuses

 

Photo de Federico Beccari sur Unsplash .

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