Lorsque j’ai pris mon rendez-vous il y a 2 semaines, c’était pour un problème de genou. Après avoir essayé avec différents spécialistes, après avoir passé divers tests, mon mal n’était toujours pas parti. Donc avant les infiltrations, je me suis dit que je pourrais tenter une dernière approche…Je n’aurais jamais cru parler de stress à cette rencontre!

Le questionnaire

En arrivant sur place, comme tout spécialiste qui se respecte, il me fait remplir un bilan de santé. Je dois aussi inscrire la raison de ma visite. Mon genou. Je repense alors à ma dernière visite chez le médecin pour renouveler ma prescription de pilules pour l’estomac. Comme le bon doc qu’il est, lors de ma visite, il m’a  tout bonnement demandé si j’étais stressé.

–          Qui ne l’est pas! Que je lui réponds désinvolte…

Donc je continue le questionnaire. Prenez-vous des médicaments? Oui, pour l’estomac. Éprouvez-vous des problèmes de sommeil? Si le fait d’être incapable de s’endormir avant 1h et parfois attendre jusqu’à 2h du matin, peu importe l’heure à laquelle je me couche est un problème, alors oui j’ai un problème de sommeil!  Il y a une question ouverte plus bas sur ce foutu questionnaire : Avez-vous d’autres considérations de santé dont nous devrions tenir compte? Je transpire plus qu’un gars qui court dans le désert du Sahara (et je sais de quoi je parle)!

Bref je termine le questionnaire et réalise que je devrais peut-être parler d’autre chose en plus de mon genou à mon spécialiste : le stress!

J’entre dans son bureau. Il me demande la raison de ma visite et je lui fais un court résumé. Il me demande ce qui est le plus important à traiter selon moi, le stress ou le genou? Je lui explique qu’une des raisons de ce stress réside dans le fait que je ne puisse plus courir, ce qui me permet d’évacuer le stress, donc les deux sont importants pour moi.

Il me fait coucher sur sa table. Avec ses mains assez puissantes, il se met à « explorer » ma cuisse. Il pince le muscle, appuie sur les tendons parfois avec vigueur pour identifier les nœuds. Je vous confirme qu’on est loin de la détente. Je vois qu’il fait des X avec un marqueur aux endroits plus tendus et je réalise que j’ai beaucoup de X sur la cuisse. Ensuite il plante la première aiguille. Toc. Pas si douloureux. La deuxième est un peu plus sensible. Il plante la 3ème et me demande si je l’ai sentie. Non. Il pèse un peu plus sur celle-ci. C’est comme si l’aiguille était entrée de bord en bord de mon muscle. Aie! Il sourit et me confirme que l’aiguille est à la bonne place.

Après avoir placé toutes les aiguilles dans les X, il m’installe des aiguilles sur le dessus du pied droit et du pied gauche. Je sursaute. Comment une si petite pointe peut être si désagréable? Il me répond que le dessus du pied droit est associé au stress. Je comprends…Et il finit par une aiguille en plein milieu du front. Toc.

Faire attention à soi

À la fin de la visite, il me parle du principe de faire attention à soi. Je lui demande comment, selon lui, on fait attention à soi. J’avais hâte d’entendre sa réponse. Car soyons honnête, le gars respire la « zénitude », tellement qu’il me fait perdre la mienne! Je n’arrive pas à comprendre comment on peut être aussi cool. Comme je parle avec un acupuncteur, je m’attends à ce qu’il me parle de méditation, de bouffe grano et de chakra. Je sais je sais, je suis plein de préjugés! Mais ce qu’il me dit me jette à terre :

–          Tu sais Carl, faire attention à soi, c’est parfois simplement de respecter ses limites. C’est parfois d’accepter que rendu à 40 ans, on ne puisse plus exiger autant à notre corps qu’à 20 ans, ou du moins le faire différemment. Peut-être que ton mal de genou, c’est simplement ta jambe qui t’envoie un message pour te dire que tu lui en demande trop. Il n’est pas entré dans le sujet du stress, mais en lisant entre les branches, son message était assez clair.

Toc. Cette fois-ci, ce n’était pas l’aiguille qui entrait dans ma jambe. Ce toc est le bruit de ma mâchoire qui tombe au sol. Jean-François est un gars que je connais à peine, que je salue avec plaisir lorsque je le rencontre mais avec qui je n’ai jamais discuté de la vie! Et dans l’espace d’une heure, il met l’aiguille sur le bobo.

Fini la sobriété!

Un des moments que j’appréciais dans la vie se situait dans les 10 minutes avant souper où je prenais une coupe de vin avec ma blonde. Un autre moment important était la bière que je prenais avec mes amis lorsqu’ils venaient souper (pas pour la bière mais pour le moment de partage) et j’avoue que j’aimais bien avoir une coupe de rouge à gauche de mon clavier lorsque j’écris des blogs. J’en ai d’ailleurs une en ce moment même.

Je voulais tester si j’étais capable d’être sobre pendant 1 an ( lire ce texte sur mes résolutions). J’imaginais perdre du poids en ne buvant plus (je n’ai perdu que 4 livres). Je voulais voir si l’alcool nuisait à ma course. Pas du tout. Je ne cours pas assez pour que la consommation ait un impact et je ne bois pas assez pour dire que cela nuit à ma condition physique. Est-ce que je pourrais arrêter l’alcool pendant 1 an? Tout à fait. Ce n’est pas difficile, essayez et vous verrez! Mais est-ce que j’ai une valeur ajoutée? Pas du tout. Je n’aime pas nécessairement la sensation causée par l’alcool. J’aime le gout, le moment, les discussions sur telle ou telle sorte de vin ou de bière. Voilà ce qui me manquait.

Est-ce que j’ai échoué dans ma résolution? Certains diront oui. Pour moi, j’ai réussi mon défi. Continuer serait simplement de l’orgueil. J’ai eu à expliquer la raison de ma résolution d’être sobre pendant 1 an, maintenant j’aurai à expliquer les raisons d’avoir cesser après 4 mois. Il y aura des : je te l’avais dit, des je le savais. Il aura aussi des commentaires disant que je voulais me rendre intéressant, etc…Bref, je vais me faire challenger 2 ou 3 semaines et ça va passer. Vous savez quoi? J’aime beaucoup plus vivre avec les jugements des autres plutôt que de ne pas prendre cette coupe de vin avec ma gazelle à la fin d’une journée exigeante.

Le stress?

C’est visite d’acupuncture m’a fait réfléchir sur le stress. Dans mon cas, le stress est causé par nul autre que moi-même. La pression de vouloir performer, de donner toujours le meilleur. Les 10 000 projets en tête, le fait de vouloir le bonheur parfait pour ma famille et le fait de toujours vouloir réussir font aussi partie de ces éléments stressants dans mon cas. J’aurai 40 ans et je dois prendre des pilules pour l’estomac. Come on! Je mange bien, je fais du sport, je ne fais pas d’excès…J’ai de la difficulté à m’endormir parce que ma tête roule à 100 km/h. Alors si ce n’est pas le stress…

Soyons honnêtes, suis-je le seul? Vous ne voulez jamais performer ou être le ou la meilleure? Vous ne voulez pas offrir le meilleur à vos enfants, à votre conjoint, conjointe? Vous ne voulez pas être le meilleur dans votre job ou votre sport? On est dans une société de performance, qu’on le veuille ou non, et ne faites pas semblant que je suis le seul dans cette situation!

On se compare aux meilleurs, aux plus riches, on vise toujours un peu plus haut en croyant qu’on sera plus heureux. Vous croyez que j’ai tort? Prenez un pas de recul et analysez votre style de vie.  Je suis certain que plusieurs aimeraient bien gagner un peu plus cher de l’heure. Sinon, expliquez-moi pourquoi Loto Québec fait autant d’argent!

Bon ok, je me détends…

Mon point est simple. Je ne deviendrai pas un moine bouddhiste ni un yogi. Je vais simplement choisir mes combats et prendre le temps de calculer à quel endroit je me situe sur mon échelle de stress. C’est peut-être le fait d’arriver à 40 ans qui me pousse à lâcher prise (un peu). Mais c’est peut-être aussi le fait de constater que le stress peut nuire autant à la santé.

Je crois que les jeunes enfants, la carrière et les responsabilités financières et familiales sont un dangereux cocktail dont il faut se méfier. Il faut rester attentif aux signes de stress. Le stress existe assurément dans les autres groupes d’âges pour des raisons différentes, et lorsque je serai rendu à 65 ans, je serai en mesure d’en parler dans mon futur blog qui se nommera www.les retraités qui manquent de temps.com.

Aiguilles, vin et stress.

C’est fou combien une petite aiguille peut avoir un impact aussi important dans une vie! Mon texte n’a pas comme objectif de faire la promotion du retour à la terre et aux soirées devant la chandelle afin d’éviter le stress. J’aime quand la vie va vite. J’espère simplement que vous aurez la chance, comme je viens de l’avoir, d’avoir une aiguille dans le pied (ou vivre une situation) qui vous aidera à réfléchir sur votre vie, vos objectifs et les combats que vous voulez mener.  Ma coupe de vin est particulièrement bonne ce soir et je vais peut-être avoir de la difficulté à m’endormir à cause du stress, mais au moins je vais savoir pourquoi!

Cheers!

 

Merci Jean-François Vigneault dacupuncture Entre Ciel et Terre pour cette rencontre!

Photo de NeONBRAND sur Unsplash

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